Au bout de la langue...
Brin ou brun
Pourquoi nos amis français (et particulièrement parisiens) ne distinguent-ils plus brin de brun ? Pourquoi leurs conversations sont-elles émaillées de "in" pour "un", de " lindi " pour " lundi " ? Pourquoi mangent-ils du " minster " et nous du " munster " ?Pourquoi, nous, belges francophones, continuons-nous à faire la distinction entre empreint et emprunt, Alain et
alun ?
" In " et " un " font partie des voyelle nasales (parce que, quand on les prononce, une partie de l'air passe par le nez). Deux autres existent : " an " et " on ". L'expression Un bon grand pain permet de les retenir facilement.
La nasale " un " est présente dans une vingtaine de mots courants seulement (parfum, défunt, humble, importun, chacun, etc.) et dans une autre vingtaine de mots rares (unciforme, falun, nerprun, nuncupationetc.) Elle apparait dans une dernière vingtaine de mots d'origine étrangère dans lesquels sa prononciation n'est pas stabilisée (bunker, funky, lunch, punch, junte, etc.)
Ces mots semblent de plus en plus troquer leur " un " pour " in ". Peu de mots en souffrent : quelques paires seulement sont concernées (Alain-alun, brin-brun, emprunt-empreint). Un de mes amis français signe même son courrier " AL1 " (Alain) ! Dans le langage oral, les ambiguïtés sont rares. Le contexte permet de les éviter. On ne dit pas tous les jours : " Donne-moi un brin brun. "
Serait-ce donc par économie que la langue se met à perdre cette distinction, à l'oral du moins ? Ce n'est pas impossible puisque c'est un de ses modes de fonctionnement.
