Au bout de la langue...

Pourquoi les dictionnaires changent-ils chaque année ?

Les enfants, c’est pour la vie. Les dictionnaires, pas. Quand j’ai reçu mon premier Larousse à une distribution des prix, à l’école primaire, je ne me doutais pas qu’il allait être le premier d’une longue série.
Pendant longtemps, avant la fin du XIXe siècle, les dictionnaires prouvaient leur sérieux par leur nombre de mots. Leurs auteurs rivalisaient sur ce plan plutôt que par la qualité de leurs définitions. Chacun se vantait d’avoir plus de mots que le voisin même s’il allait les chercher dans des domaines très spécialisés de métiers ou dans des réalités exotiques. Actuellement, les dictionnaires se contentent de 40.000 à 60.000 mots mais ajoutent chaque année à leur liste soit 30 ou 40 mots " nouveaux " c'est-à-dire qui sont entrés dans l’usage, soit quelques belgicismes et québécismes. Ils soignent aussi de mieux en mieux les définitions, l’étymologie et les acceptions nouvelles que certains mots endossent régulièrement.

Il ne faut pas être grand clerc pour s’apercevoir que les éditeurs de dictionnaires sont aussi des maisons de commerce. Leurs produits doivent donc être différents pour mieux attirer les acheteurs potentiels. Aussi trouve-t-on parfois des différences importantes entre les dictionnaires, différences qui déroutent les usagers que nous sommes. Des tentatives d’harmonisation des dictionnaires commencent à poindre timidement.

Comme la langue évolue, qu’elle change constamment, il est de temps à autre nécessaire non seulement d’amplifier la liste des mots mais aussi d’ajouter des sens, d’en supprimer d’autres et d’apporter des nuances dans les définitions.

Des mots disparaissent en effet (ce qui permet d’éditer des Dictionnaires des mots disparus !), des mots naissent (voir les Dictionnaires des mots nouveaux) mais des mots que l’on croyait disparus renaissent (il suffit qu’une personnalité en fasse usage !). Enfin, des mots continuent à vivre dans certaines régions francophones alors qu’ils sont ignorés dans d’autres (entièreté est employé surtout en Belgique actuellement alors qu’il l’était en France aux siècles passés).



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