Au bout de la langue...

Jospin parle-t-il belge ?

Au cours des siècles, des mots disparaissent. Mais plusieurs d'entre eux restent vivants dans certaines régions. C'est le cas du mot « entièreté », très vivant en Belgique et souvent ignoré en France.

C'est ce qui fait préciser au magazine français Marianne qu'en affirmant que lui et Jacques Chirac assumaient la politique de la France dans son entièreté, il avait voulu dire dans sa totalité (comme si tout le monde n'avait pas compris). Et l'hebdomadaire insiste en  ajoutant que le premier Ministre avait employé une « expression belge ».

Personnellement, j'ai découvert seulement à 56 ans que le mot "entièreté" était un mot "belge"
après l'avoir utilisé durant l'entièreté de ma vie jusque là et n'en ayant pas souffert. Il est tout à fait étonnant qu'un  terme construit sur un modèle aussi classique et respectant les règles fondamentales du français soit considéré comme un belgicisme.

Que s'est-il donc passé ? Sorti de l'usage au XVIe siècle, il a gardé toute sa vitalité dans nos régions et nous avons continué à l'employer, à côté d'intégralité qui évoque plutôt l'idée de « complet » et  totalité qui insiste sur la quantité. On le signale aussi au Congo et au Rwanda. Nos amis québécois ne l'ignorent pas non plus.

Maintenant qu'une personnalité française l'a employé, ce terme va peut-être revenir à  la mode dans l'entièreté de la francophonie! Il suffit de peu, parfois...



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