Au bout de la langue...

Pour quelques « points » de plus…

Il n’est pas dans mes habitudes de regarder ce gros machin inconsistant qu'est le concours Eurovision et qui, parait-il, fait courir les foules, mais même si on ne s’y intéresse pas, on n’y échappe pas…

C’est ainsi que j’ai appris que la plupart des interprètes ne chantaient pas dans leur langue maternelle, profitant ainsi du nouveau règlement permettant aux candidats de choisir leur langue.

L’argument d’un Estonien interrogé à ce propos était attendu : seuls les Estoniens parlent l’estonien par conséquent l’anglais a plus de chance de se faire entendre, de se faire comprendre par les cent millions de téléspectateurs rivés à leur poste ce soir-là de par le monde et acheteurs potentiels du disque gagnant par la suite. Et surtout, ajoutait-il, que les paroles ont beaucoup d’importance ! Quand on regarde de près les textes à la guimauve des dix premiers, on se permet d’en douter !

Bon, admettons que les textes aient beaucoup d’importance. Le meilleur système alors serait justement d’exiger des participants qu’ils chantent dans leur langue maternelle et de faire sous-titrer par les télévisions dans la langue nationale, lors de la retransmission. Avec les technologies actuelles, cela ne pose pas de problème insurmontable.

Voilà donc une nouvelle emprise injustifiée de l’anglais. Et l’histoire n’est pas finie puisque, au soir de la défaite, l’entourage de  la candidate malheureuse de la Belgique francophone (classée dernière) se demandait si elle avait bien fait de chanter en français et si la langue de Shakespeare ne lui aurait pas donné quelques « points » (en anglais, s’il vous plait) de plus…



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