Au bout de la langue...
Le préfixe "méga"
Réservé au siècle dernier à quelques mots scientifiques comme mégalithe (grande pierre), le préfixe “méga” (du grec “mégas” – grand) s’est élancé à la conquête d’autres significations.
Depuis une cinquantaine d’années, il sert à désigner des groupes de millions d’unités : les mégahertz, les mégawatt et plus récemment, en informatique, les mégaoctets après les kilo-octets, devenus unités de mesure de la mémoire des ordinateurs et réduits à Mo ou Ko. L’octet est la plus petite unité significative utilisée dans les mémoires d’ordinateur. Pour des raisons techniques, le kilo-octets vaut non pas 1000 mais bien 1024 octets. Un disque dur actuel, lui, ne se contente plus de méga, il doit faire appel à giga. Méga va donc multiplier l’unité qui le suit par 220 tandis que giga le fera par 109. Le vendeur vous vantera les performances de votre ordinateur en parlant de sa mémoire de 5 gigas, par exemple, c'est-à-dire 5 gigaoctets (plus de 5 mille millions d’octets, ou plus de 5 mille mégas d’octets, donc plus de 5 milliards).
Mais le sens de « grand » est toujours présent dans le préfixe méga, dans une utilisation moins scientifique. Il peut aussi bien être positif (une mégafête sera une fête magnifique) que négatif (dans le langage des jeunes, par exemple, méganul dira bien ce qu’il veut dire !)
Les préfixes d’intensité ont tendance à régulièrement se remplacer les uns les autres. Méga est parfois concurrencé par super, hyper voire par… giga, car bien entendu giga est plus fort que méga… En attendant mieux!
Un doublet de méga, c’est mégalo (du grec « megalou ») qui s’emploie soit seul (c’est un projet mégalo) soit associé à un nom (la mégalomanie).
