Au bout de la langue...
Les mots de 1999
Si l’on consulte les éditions 1999 des trois dictionnaires les plus répandus dans le grand public et dans l’école (Hachette, Petit Larousse, Petit Robert), on repère des mots nouveaux qui n’existaient pas dans les éditions précédentes comme, entre autres, allocs, cédérom, chouiner (geindre), externaliser (confier l’exécution de services à un entreprise extérieure), génocidaire, incivilité, internaute et taliban. Des noms propres sont également devenus noms communs comme un alzheimer.
Qu’est-ce qui détermine les dictionnaires à ajouter tel ou tel mot à leur liste déjà longue ?
Les dictionnaires emploient en général de nombreuses personnes (plusieurs dizaines chez Larousse) qui scrutent la presse écrite et parlée à l’affut des néologismes ou des acceptions nouvelles. Les " nouveaux " mots sont alors intégrés avec prudence. Chez Hachette, ils sont même regroupés en fin de volume et présentés " à l’essai " (bédéthèque, démariage, islamité, prêt-à-penser, etc.) C’est apparemment l’environnement, la santé, la communication (songeons à l’internet) et la politique qui sont les domaines les plus productifs en mots nouveaux.
Le Petit Larousse est revu tous les ans (28 % de pages touchées cette année) mais refondu entièrement tous les neuf ans. Le Petit Robert voit 8 % de ses pages touchées par des changements chaque année.
Qui doutera encore, après cela, que la langue évolue tout le temps ?
