Au bout de la langue...
Des mots à la pelle
Qui se serait douté qu’un journal aussi sérieux que Le Monde utilise des mots qui ne figurent pas dans les dictionnaires ? Combien ? Quelques-uns sans doute. Comme à nous tous, il doit arriver aux journalistes de cette vénérable institution d’ " inventer " des mots, à telle ou telle occasion. Détrompez-vous, en 1998, le journal Le Monde a utilisé 2194 néologismes, pas un de moins ! Quelqu’un (dont c’est le métier, rassurez-vous) les a comptés.
Les domaines de la vie quotidienne, des loisirs et du sport en ont déjà fourni 230. Le Mondial de football a permis l’apparition de footophile, footeux, footocratie et... footballistoïde qui ne vivra qu’un été, à mon humble avis.
L’emploi de certains préfixes comme dé-, bio-, cyber-, éco-, auto- en a généré une autre flopée : déprotection, déliaison, décivilisation, biofibre, biojeu, biovigilance, cybercriminalité, cybernétisation, écoguerrier, écoconseiller, autogénocide, autofiction etc.
La féminisation des noms de métiers, de titres et de fonctions a fait apparaitre entre autres dans les colonnes rapporteure, docteure, metteuse en scène. L’on constate aussi bizarrement que de nouveaux adverbes sont nés (capitalistiquement, illimitablement et le joli tartuffement.
Enfin, de véritables créations intéressantes ont vu le jour : des béni-non-non sur le modèle " béni-oui-oui " ou encore dissensus sur celui de " consensus ".
Chers abonnementés, j’espère ne pas vous avoir cassé les yeux avec ce débordage de novellisations.
Aïe, voilà que je m’y mets, moi aussi !
Henry LANDROIT
