Au bout de la langue...
Les aléas de la ponctuation
Historiquement, la ponctuation s’est développée petit à petit. Si les grecs utilisaient déjà une sorte de « point », il faudra attendre le VIIe siècle pour que l’on sépare vraiment les mots dans les manuscrits (ce qui est une première ponctuation) et l’arrivée de l’imprimerie pour que les signes que nous employons aujourd’hui entrent dans les habitudes.
Et aujourd’hui? Curieusement, la ponctuation tend à disparaitre dans les messages électroniques, parfois remplacée ou complétée par des signes nouveaux, propres à ce système de communication, par exemple :-) pour exprimer l’humour ou la joie, :-( la tristesse. Ce sont les « smileys », traduits joliment par « émoticons ».
Parfois, elle est sciemment niée par un écrivain. Des chapitres entiers de « Le livre brisé » de Serge Doubrovsky sont écrits intentionnellement sans aucune ponctuation. La lecture n’en est pas aisée mais le lecteur établit un rapport différent avec le texte. Marie NDiaye a écrit tout un roman de 105 pages qui commence par une majuscule et se termine par un point. Des virgules, certes, mais pas de retour à la ligne. Mais on peut penser qu’il s’agit là d’effets de style ou de défis d’écrivains. Dans la vie de tous les jours, il faut avouer que la ponctuation nous simplifie la vie, améliore la compréhension des textes.
Si la virgule et le point ont la cote, le double point, le point-virgule ; les trois petits points leurs usages codifiés, les points d’interrogation et d’exclamation sont parfois moins utilisés (la publicité se contente souvent du contexte) ou surutilisés (!!!, ???)
