Au bout de la langue...

Le Reine Élisabeth ?

"Le Reine Élisabeth au fil des jours", titre un de nos quotidiens. Une lecture rapide (comme celle que nous pratiquons souvent face aux titres de journaux ou à la publicité) pourrait évoquer dans notre esprit une nouvelle biographie de la Reine Élisabeth. Mais non, il s’agit bien sûr du fameux concours de piano. Voilà donc apparemment un changement de genre qui vaut son poids d’information. En réalité, il s’agit d’une ellipse : on sous-entend Le [concours international de piano] Reine Élisabeth, comme l’on dit, en employant des noms propres féminins devenus communs, un fameux semois en parlant d’un tabac de la Semois ou un célèbre bourgogne en désignant un grand vin de la Bourgogne.

Des noms communs (par exemple geste, livre, espace, cartouche, parallèle, crêpe) prennent également un sens différent selon qu’ils sont utilisés au masculin ou au féminin.

Le genre est par contre très flou en ce qui concerne les noms de villes, par exemple. Le nom Paris est-il féminin ou masculin ? C’est selon, l’on trouve l’un et l’autre. Pour La Louvière, La Haye, Louvain-la-Neuve et Le Caire, Le Havre, Le Rœulx, pas de problème ! L’article permet de faire un choix. Mais que dire de Berlin, Moscou, Bastogne ou Liège ? L’usage n’est pas fixé. On trouvera aussi bien Le grand Bruxelles que Bruxelles, ma belle. Dans ce dernier cas, nous sommes probablement influencés par la terminaison " elle ", presque toujours féminine (il n’y a en effet que 14 substantifs masculins en -elle) !



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