Au bout de la langue...
Le subjonctif à Bruxelles
À Bruxelles, l’emploi du subjonctif n’a guère la cote, c’est le moins qu’on puisse (ou qu’on peut ?) dire.
Il est courant d’entendre des phrases telles que :
" Voudrais-tu que je viens chez toi ? "
Un récent évènement de la vie bruxelloise a encore mis en lumière cette particularité.
Lorsqu’il fut question d’implanter le parlement bruxellois sur le fameux magasin Cotillons Picard de la rue du Lombard à Bruxelles, de bons esprits (et parmi ceux-ci des parlementaires) s’émurent de voir bientôt un lieu aussi important côtoyer des vitrines de farces et attrapes. On parla donc d’expulser le magasin sous d’autres cieux.
Les habitants de la rue diffusèrent alors des affiches où l’on pouvait lire :
OUI AU PARLEMENT BRUXELLOIS
SANS QUE COTILLONS PICARD S’EN VA
Provocation ? Utilisation consciente d’une particularité du parler bruxellois afin d’attirer l’attention ? Le souci de rimer avec " bruxellois " a-t-il entrainé " s’en va " ?
En français, le subjonctif permet d’exprimer toute une série de nuances (la supposition, l’opinion, la négation, l’espoir, etc.) mais il est vrai que le bruxellois s’en passe allègrement.
