Au bout de la langue...

L'e-commerce

 

Le fameux e-mail qui désigne le courrier électronique sur l’internet semble faire des petits. Dans ce terme, la lettre « e » signifie electronic. Des commissions de terminologie et des amoureux de la langue ont proposé d’utiliser en français le néologisme courriel, mot-valise composé de courrier et électronique. Ce terme est apparu d’abord chez nos amis québécois et a eu rapidement un certain succès. L’Académie française n’a proposé que mél et encore dans les en-têtes de lettres ou les cartes de visite (comme tél). Courriel a l’avantage de désigner à la fois l’ensemble du système (« je te l’enverrai par courriel »), les messages eux-mêmes (« lire son courriel ») et un message en particulier (« envoyer un courriel »).

Parler de e-commerce par contre, c’est à nouveau se laisser aller à une mode, imiter une habitude anglo-saxonne au lieu de faire preuve de créativité linguistique. Si commerce électronique semble trop long aux promoteurs de cette forme d’échanges (faire court semble être devenu une obsession dans le domaine de la publicité), il vaut mieux chercher un mot nouveau, construit suivant les règles de fonctionnement du français. Utiliser e-commerce comme e-mail crée une nouvelle catégorie dans notre langue (ceux qui commenceraient par «e-»).

Il ne s’agit pas de refuser le progrès (défendre la langue française n’empêche pas d’utiliser la messagerie) mais bien de veiller à ce que notre langue ne soit pas polluée inutilement par des mots ou expressions qu’elle est capable elle-même de générer.

 

 Henry LANDROIT



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