Au bout de la langue...
Auto-exclu(s)eur ?
Au cours des démêlés qui opposaient le Comité directeur du P.S.C. et Gérard Deprez, celui-ci, se sentant probablement prié de quitter le bateau, déclarait à la presse télévisée : " Je ne suis pas un auto-excluseur ! ". Autrement dit : " Je ne partirai pas de moi-même, le parti doit prendre ses responsabilités, etc. ".
Auto-excluseur ? Le mot en fit sursauter plus d’un ! Un journaliste parla même d’un " néologisme ".
Certes, ce mot n’existe pas. L’intéressé l’a inventé. Personnellement, je n’ai rien contre l’invention en matière de langue et je l’encouragerais même...
Mais que s’est-il passé ici ? Bizarrement, inclus se termine par " s ", exclu pas. On dit inclus, incluse mais exclu, exclue même si les deux mots viennent de deux verbes de la même étymologie : inclure, exclure. Donc, en toute logique, il eût fallu dire auto-exclueur et non auto-excluseur. L’inventeur a-t-il été influencé par le " s " de inclus ? par le fait que dans la même famille de mots (écluser par exemple qui vient aussi du latin exclaudere), le " s " ne disparait pas ? Dieu (?) seul le sait !
Quoi qu’il en soit, on peut s’interroger aussi sur la nécessité de créer un nouveau mot pour désigner cette réalité. Il y a fort à parier pour que ce terme ne s’attarde pas dans nos conversations !
