Au bout de la langue...
Assessment
Nos braves pandores des deux camps (je veux parler de la police et de la gendarmerie) doivent se trouver de nouveaux chefs en fusionnant les deux corps en un corps unique. Que font-ils à votre avis ?
Ils organisent ce que toute institution fait dans ce cas-là : un examen.
Henry Landroit
Non, ce serait trop simple. Ils mettent en place un assessment et le répètent à tort et à travers (les ondes). Au journaliste de la R.T.B.F. qui s'étonne du terme et demande: « Un assessment, vous voulez dire… une évaluation? », le porte-parole répond : « Oui, c'est cela, un examen. »
Mais quelle mouche d'outre-Manche a de nouveau piqué nos hauts responsables pour qu'ils utilisent un terme anglais inconnu du grand public au lieu de parler d'examen ou d'évaluation, ce que tout le monde aurait compris du premier coup ?
Vraiment, il s'agit là assurément d'une mode fort prisée actuellement. Bon, j'admets que basket s'impose face à panier et que beaucoup de mots sont indétrônables comme film, rail, train (nous avons même oublié qu'ils étaient anglais, ceux-là) mais pourquoi s'amuser à en introduire d'autres inutilement dans notre langue? Parce qu'ils sont plus courts ? Ce n'est pas le cas d'assessment. Parce qu'ils sont plus évocateurs ? Ce n'est pas le cas non plus. Parce qu'on veut montrer que l'on domine la langue de Dickens ? Connaitre des mots d'une langue, ce n'est pas la parler.
Moi, j'emploie un truc, quand je me trouve face à quelqu'un qui m'inonde d'anglicismes. Je vous le livre : je joue à l'innocent. Je fais semblant de ne pas comprendre (deux fois sur trois, je ne comprends effectivement pas). Je demande de répéter. Eh bien, à chaque fois, la personne se reprend et trouve le mot français adapté…
