Au bout de la langue...
Du bon usage des mots…
À propos des récents évènements des États-Unis (l'attentat contre les deux tours), certains dont les principaux intéressés ont parlé de " guerre ". Le président américain, par exemple, a déclaré: " La première guerre mondiale du XXIe siècle vient de commencer. " Était-ce bien justifié ?
Henry Landroit
Les remarques qui suivent n'ont aucunement le but de minimiser ni l'horreur de cette tragédie humaine, impensable jusqu'alors, ni la gravité de ces attentats.
Mais l'émotion ou la politique ne justifient pas l'emploi abusif de mots comme guerre dans cette situation. Certes, dans le langage courant, il nous arrive de parler d'actes de guerre, de guéguerre et même parfois de bonne guerre comme si une guerre pouvait être bonne… Il arrive que nous disions d'un couple en train de se déliter que " Entre eux, c'est la guerre ! " ou que des conflits entre groupes sociaux héritent parfois du nom de " guerre civile ". Mais en droit international, la guerre est une lutte armée entre États et jusqu'à nouvel ordre, ce n'est pas à quoi nous assistons aujourd'hui !
Pour qualifier ce qui s'est passé à Manhattan, en fait, aucun mot n'existe encore. Les termes de terrorisme ou attentats suicides sont évidemment plus adaptés que celui de guerre mais ne désignent pas précisément cet acte, plus impressionnant que les actes de terrorisme auxquels nous nous étions malheureusement habitués… Souhaitons qu'il soit unique dans son genre pour que nous ne soyons pas obligés d'inventer un nouveau mot !
