Au bout de la langue...
Défenseure ?
La défenseure des enfants titrait Le Monde du 28 novembre 2000. Cette façon de former le féminin des noms en –eur est surtout d'usage au Québec où fleurissent les auteures et les professeures.
Henry Landroit
Manifestement, ailleurs, on résiste. Près de 15 % des noms
en –eur sont féminins (valeur, grandeur, peur, etc.) Nous disons donc
facilement une auteur, une professeur.
L'usage du féminin en –eure est déjà présent en français mais pour… cinq noms seulement : la prieure, la supérieure (d'un couvent), une mineure, une inférieure et une beure (féminin de beur, arabe en verlan), désignant une jeune Maghrébine née en France de parents immigrés.
Rappelons les règles déjà en usage:
- les mots en -eur issus directement d'un verbe forment leur féminin en –euse : masser donne masseuse, monter donne monteuse, élaguer, élagueuse, etc.
- les noms masculins en –teur forment des féminins en –teuse lorsqu'ils viennent eux-mêmes d'un verbe comportant un « t » dans leur terminaison : raboteuse, teinteuse, acheteuse, etc. Exceptions : éditrice, inspectrice, exécutrice.
- les noms féminins se terminent par –trice quand il
n'existe aucun verbe correspondant ou lorsque celui-ci n'a pas de
« t » dans sa terminaison: directrice, formatrice, correctrice.
L'usage dira si les autres formes en –eure s'imposeront. Mélanger les règles peut aboutir à des horreurs du genre successrice comme féminin de successeur qui n'est certainement pas à recommander!
