Au bout de la langue...
Glanages de vacances
Après des vacances au Québec ou en Afrique noire francophone, l'on revient avec des souvenirs linguistiques marqués (le fameux accent québécois, le lexique coloré de l'Afrique). Mais le dépaysement peut commencer à nos frontières…
Henry Landroit
Ainsi cette rencontre fortuite d'un soir avec un vigneron de l'Hérault, bien caché dans ses vignes et qui vous parle un de ces sabirs… Il vous faut vingt minutes pour que votre oreille s'habitue à la voix rocailleuse, à la syntaxe inhabituelle, aux mots peu courants. Ainsi, il emploie " escamper " (retirer, s'enfuir, se sauver, décamper). Ce terme, qu'on ne trouve que dans les dictionnaires de plus de 60.000 mots, a été abandonné par le langage courant mais il a laissé une trace dans l'expression mieux connue prendre la poudre d'escampette.
Et que dire de l'orthographe publique ?
Sur les panneaux d'information, déchetterie continue à concurrencer déchèterie, parfois à cent mètres de distance.
Dans le Sud-ouest, la très sérieuse poste française emploie l'orthographe nouvelle sans le savoir en désignant par un placard jaune ses boites aux lettres (l'accent circonflexe a disparu sur " boite ").
L'accent circonflexe a également disparu à Mirepoix, dans l'Ariège, sur la très sérieuse plaque en marbre et lettres dorées : Club des ainés. Je suis pourtant presque sûr que ces ainés n'ont pas lu le Journal officiel de la République française du 6 décembre 1990, introduisant ces tolérances et recommandations orthographiques…
