Au bout de la langue...

Hardeur ?

Au cours d'un récent écran-témoin, un personnage haut en couleurs était présenté comme un hardeur, entendez un réalisateur de films pornographiques " hards ". Ce terme, s'il surprend dans un premier temps, nous apparait quand même comme bien français. À quoi cela est-il dû ?
Ce mot a été construit sur un anglicisme, en l'occurrence " hard ". Il est très présent (on s'en douterait !) sur l'internet, aussi bien au masculin (hardeur) qu'au féminin (hardeuse).
Beaucoup de termes anglais sont entrés dans notre vocabulaire en empruntant le suffixe -eur. Le sport nous en a fourni plusieurs (footballeur, footballeuse, sprinteur, sprinteuse, basketteur, basketteuse, etc. et handballeur, handballeuse d'origine allemande). La féminisation de ces termes ne s'est pas faite en un jour. Elle a largement dépendu de la libération de la femme en général et de la pratique de ces sports par les dames. Stripteaseur a, par contre, " gagné " peu à peu son masculin.
Dans d'autres domaines, on trouve: squatteur, squatteuse, rockeur, rockeuse. Quant à supporter, il est devenu supporteur. Son féminin (qui théoriquement aurait pu être supporteuse) a évolué vers supportrice sur le modèle d'autres mots en -teur alors que logiquement, les mots en -teur générés par des verbes en -ter font leur féminin en -teuse (acheteuse, rapporteuse, toiletteuse, etc.).

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