Au bout de la langue...

Nécro ?

Un grand journal belge a renommé ses rubriques lors d'une récente rénovation globale. Ainsi sont apparus les suppléments « Éco » (pour économie) et « Immo » (pour immobililier).

Mais qu'en est-il de la rubrique « nécrologie »?

Henry Landroit

Que les suppléments s'appellent Éco ou Immo, cela ne dérange pas les lecteurs. Il sont déjà habitués à ce qu'on leur serve de l'info et que leur auto ait de l'airco et même que leur grand-mère soit accro de l'opéra.

Mais fallait-il toucher à nécrologie et rebaptiser la rubrique en nécro? Apparemment, cela n'a guère plu à un certain nombre de lecteurs et le journal en question emploie maintenant « Nécrologie » en titre, utilisant « Nécro » seulement lorsque la rubrique ne comporte qu'une colonne parce que les candidats du jour ne se comptent que sur les doigts d'une main.

Y aurait-il des mots tabous qui supporteraient mal l'apocope (c'est le nom savant que les linguistes donnent au fait de supprimer une ou plusieurs syllabes à la fin d'un mot: ciné, math, télé et bien d'autres en –o comme agglo, choco, géo, radio, kilo en sont quelques exemples) ? Probablement. Nous irons plus volontiers au cinéqu'au cim (qui pourrait être l'apocope de « cimetière »).

Pourtant ce phénomène est très répandu dans le langage courant et les jeunes particulièrement s'en donnent à cœur joie.


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