Au bout de la langue...

Péjiste ?

Suite aux problèmes posés par la restructuration de la police et de la gendarmerie en une police unique, les agents de la police judiciaire ont attiré l'attention de l'opinion publique sur le sort qui leur est réservé en manifestant. À cette occasion, la presse les a appelés les péjistes.

Cela est-il justifié?

 

Henry Landroit

 

La police judiciaire, dans le langage courant, se dit P.J. (phonétiquement « péji »). Quoi de plus naturel dès lors que de parler de péjistes?

Déjà, en France, les personnes jouissant d'un R.M.I. (revenu minimum d'insertion) s'étaient vues baptisées érémistes. Le fait que ces deux termes se terminent en « i » a certainement favorisé cette pratique encore que bel canto ait donné naissance à bel cantiste et Castro à castriste. Bédéiste fait partie de la même famille que péjiste et érémiste, puisqu'il est construit sur un sigle (B.D. – bande dessinée).

Le suffixe « -iste » est très productif : il touche près de huit-cents mots d'un dictionnaire courant. Non seulement, il s'accole aux adjectifs (autonomiste, existentiliste), aux noms communs (affairiste, monarchiste), aux noms propres (castriste, poujadiste), mais également aux interjections (un zutiste dit « zut » à tout!) et aux expressions toutes faites (un je-m'en-foutiste, un je-m'en-fichiste, un aprioriste).


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