Au bout de la langue...

Affaire de prononciation

Un lecteur me demande pourquoi je ne traite jamais des problèmes de prononciation. Et de se plaindre d'entendre régulièrement « mainant» au lieu de « maintenant » ou « aujord'hui » au lieu de « aujourd'hui ».

Henry Landroit

 

Si je voulais éluder facilement cette question, je dirais qu'une chronique radiophonique conviendrait mieux pour traiter de ces problèmes. Il est vrai que pour illustrer la prononciation dans une rubrique écrite, je serais obligé d'employer l'alphabet de l'Association phonétique internationale qui n'est pas d'un accès facile et qui demande une initiation. Il est employé dans certains dictionnaires et ouvrages de référence même courants comme Le bon usage mais n'est guère adapté à une chronique comme celle-ci.

Cette raison est technique, mais ce n'est pas la seule qui me fait hésiter à aborder ces questions. La prononciation est en effet un domaine où la relativité et la subjectivité règnent, plus qu'ailleurs. Combien n'ai-je pas entendu de gens pleins de bonne volonté dénonçant des façons de prononcer avec un accent qui m'apparaissait comme rocailleux à souhait et des prononciations elles-mêmes critiquables, du moins pour mes oreilles!

Il n'a pas fallu plus de trois mois à ma fille, s'installant en France, non loin de Toulouse, pour adopter non seulement un vocabulaire particulier, propre à la région, mais aussi le « s » sonnant à la fin de moins.

Certes, faut-il peut-être distinguer prononciation et négligence. Les exemples cités par mon correspondant relèvent probablement d'une négligence, d'un usage qu'il serait facile de rectifier.


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