Au bout de la langue...
Signalétique
Un lecteur s’inquiète : « Ne devrait-on pas dire signalitique au lieu de signalétique ? »
Pour rappel,
signalétique, adjectif apparu en 1832, signifie « qui donne un
signalement » (une fiche signalétique). Comme nom féminin (la signalétique),
il signifie « l’ensemble des éléments d'une signalisation (dans un lieu
public) ».
Henry Landroit
Récemment, ce mot fut remis à l’honneur lors de l’instauration de petits symboles au bas de l’écran de télévision, symboles destinés à avertir les utilisateurs du caractère particulier d’un programme, nécessitant par exemple un accord parental.
L’usage des suffixes n’est certes pas laissé au hasard et des règles président à la confection de mots comportant tel ou tel suffixe. Par exemple, le suffixe –ure permet de construire des noms féminins à partir d’un adjectif (droiture, froidure), d’un nom (toiture, voilure) ou d’un verbe (dorure, gravure). Mais souvent, les « règles » ne sont pas respectées à la lettre : parce qu’on dit ouverture, construit sur « ouvert », l’on dira, par association, fermeture au lieu de « fermure ».
Signalétique a donc été construit, lui aussi sur le participe passé de « signaler » contrairement à alphabétique ou athlétique dont les noms d’origine comportent déjà un « t ».
L’usage ne se gêne d’ailleurs pas pour créer de nouveaux mots en utilisant le suffixe –tique en introduisant un « t » là où il n’existait pas: si robotique, productique paraissent évidents (de robot, production), bureautique, créatique, consommatique, monétique ont été manifestement « aménagés ».
