Au bout de la langue...
" Sniper "
Remis à l'honneur, si l'on ose dire, avec la désastreuse affaire des tireurs isolés de Washington, le terme sniper est réapparu dans nos journaux. Il avait été en vogue aussi lors de la guerre du Kosovo. D'où vient-il ?
Henry Landroit
Sniper a beau exister dans nos dictionnaires depuis le milieu du XIXe siècle, on continue à l'écrire avec une certaine circonspection et à l'entourer précautionneusement de guillemets. Apparu dans notre langue au cours de la seconde moitié du XIXe siècle dans un courant de mode à l'anglaise, en compagnie d'anglicismes divers (snob, smoking, spleen, test, shampoing etc.) dont quelques-uns ont choisi de squatter définitivement la langue française, il ne s'est jamais installé aussi bien que ses congénères. Est-ce dû à la terrible réalité qu'il recouvre ?
Ce terme vient du verbe anglais to snipe (tirer en restant caché, canarder) et a même un sens figuré (critiquer sournoisement).
Tireur isolé est le moins mauvais des substituts que l'on peut proposer pour sniper, s'il faut en proposer un. La difficulté réside dans le fait que le terme anglais recouvre plusieurs sens puisqu'un sniper est non seulement isolé mais aussi " embusqué ", que parfois, comme dans l'actualité récente, il " tire au hasard " et enfin qu'il agit aussi bien en temps de guerre qu'en temps de paix. C'est souvent le cas, pour un anglicisme, de posséder ainsi plusieurs sens associés que le mot français choisi pour le remplacer ne possède pas toujours. Mais rassurons-nous, cela vaut dans les deux sens !
