Au bout de la langue...

Stopistes et encoristes

Stopistes et encoristes, c'est ainsi qu'un de nos quotidiens appelle les partisans et les opposés à la participation gouvernementale d'un de nos partis francophones. D'abord encadrés de guillemets lors de leurs premières apparitions, ils s'en voient maintenant dépouillés. Encore de nouveaux mots qui entrent dans l'usage ?
Henry Landroit

Certes, ce sont des néologismes. Ils ne figurent pas dans les dictionnaires. Et alors? Une langue doit vivre et quand un mot devient nécessaire, il faut l'inventer, tout en respectant bien entendu les règles de fonctionnement du langage.
Ici, on a utilisé la grande vitalité du suffixe -iste. Ce dernier sert à construire beaucoup de mots de métiers (archiviste, bouquiniste, clarinettiste, etc.). Il donne parfois une nuance péjorative comme dans arriviste, carriériste, clientéliste, papiste, etc.
Ce n'est pas la première fois qu'un mot comme encore ou stop se voient affublés du suffixe -iste. On parle aussi de je-m'en-fichiste et de je-m'en-foutiste. Mais la première interjection qui eut cet honneur, c'est " zut ". En 1871, en effet, Verlaine et Rimbaud participèrent à un cercle de " zutiques " et en 1883, un cercle de poètes - qui disaient " zut " à tout -, présidé par Charles Cros, inventeur et poète, s'intitula les Zutistes.


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