Au bout de la langue...

Taliban(s) ?

La presse écrite hésite : dans ses titres de ces dernières semaines, elle écrit indifféremment les taliban ou les talibans. Pourquoi ?
Henry Landroit

Le mot taliban est calqué sur l'arabe taleb (étudiant en théologie) et apparait dans Le Monde en 1995. Il s'agit donc d'une transcription vaguement phonétique, comme c'est souvent le cas avec les mots " exotiques ". On avait déjà vu le même phénomène avec kamikaze, sumo, glasnost, nomenklatura, perestroïka, etc.
En général, le destin de ces mots est de s'intégrer tels quels dans la langue française, et une des façons de s'intégrer, c'est d'en porter les habits : ainsi les règles du pluriel s'appliquent-elles aussi à ces termes " immigrés ". On écrira donc les talibans en donnant la marque du pluriel au nom. Certes, certains s'obstinent à parler descénarii plutôt que de scénarios, c'est-à-dire en respectant le pluriel italien mais il faut avouer que cela fait pédant. Le Robert répertorie d'ailleurs scénarii comme " rare ".
Les recommandations orthographiques de 1990 du Conseil supérieur de la langue française (voir http://www.fltr.ucl.ac.be/FLTR/ROM/ess.html) proposaient déjà d'appliquer à tous les mots d'origine étrangère les règles de fonctionnement de notre langue.


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