Au bout de la langue...

Top manager

Dans l’administration publique, dans le cadre du plan Copernic, il a donc été décidé de recruter des top-managers, entendez des « super-directeurs » à défaut de directeurs supers (oui, je sais, c’est facile).

Henry Landroit

Le terme est employé à tout bout de champ, aussi bien dans la presse écrite qu’en radio et télé. Le ministère de la fonction publique nous avait déjà offert le ténébreux assessment (évaluation) déjà traité dans cette rubrique. Voici que parmi d’autres, car ce ministère semble invité à vivre suivant un modèle américain, apparait top-manager. Cela est-il justifié ?

Certes, il suffit d’ouvrir la moindre gazette de petites annonces pour constater que fleurissent les Human Resources Manager, Account Manager, Accountant, People Manager, Country Manager, Account Cordinator dans les annonces pourtant francophones de firmes bien de chez nous. Certaines firmes cependant en reviennent à des termes plus explicites comme Chef comptable, Technicien de maintenance, Conseiller technique, Directeur administratif, Contrôleur de gestion, etc.

Si l’on peut comprendre, expliquer, tenter de justifier cet envahissement de l’anglais pour désigner des fonctions de toujours dans des firmes internationales implantées dans notre pays, on ne peut admettre cette mode ou cette manie du tout à l’anglais pour désigner les gestionnaires de services publics. Il ne s’agit pas seulement d’une question de vocabulaire. Les mots que nous intégrons dans notre langue transportent avec eux une aura culturelle. Les responsables ont-ils déjà pensé que cette dernière pouvait être inadaptée à  nos structures et à nos habitudes ?

 


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