Au bout de la langue...
La Toussaint(s)
La « fête de tous les saints » est devenu la « Toussaint ».
Au cours de son évolution, ce mot, qui aurait dû logiquement garder son « s » à saint, l'a perdu. C'est une évolution fréquente dans notre langue.
Henry Landroit
Ainsi entrecôte aurait dû continuer à s'écrire entrecôtes puisque ce terme désigne la viande située entre deux côtes. Entracte aurait dû subir le même sort ainsi que d'autres construits sur « entre »: entrecuisse, entrefilet, entrecolonne, entrejambe par exemple.
C'est une des raisons pour lesquelles, les rectifications orthographiques présentées en 1990 par le Conseil supérieur de la langue française ont proposé d'écrire un couvrepied, des couvrepieds ; un sèche-cheveu, des sèche-cheveux ; un essuie-main, des essuie-mains, etc. c'est-à-dire d'appliquer une règle simple de constitution du pluriel, quel que soit le mot.
Le désordre règnait – et règne encore – dans les dictionnaires qui proposent aussi bien un presse-citron qu' un presse-fruits ou indifféremment un brise-glace qu' un brise-glaces ou un monte-plats et un passe-plat, un cure-dent mais un cure-ongles. La logique n'est certainement pas au rendez-vous.
Un nom composé est d'abord un nom avant d'être un ensemble de deux mots. Aux XIIIe et XIVe siècles, les mots étaient agglutinés, on écrivait cuevrechief (couvrechef) ou gardemangier (gardemanger). Par conséquent la question se posait moins. C'est le XVIe siècle qui a introduit le trait d'union. Le XXe le traque et propose – toujours avec les rectifications orthographiques – d'agglutiner des mots comme croque-mitaine en croquemitaine, pique-nique en piquenique, etc.
