Au bout de la langue...

Du retour de la trottinette

La trottinette, j'en garde un souvenir ému. Je me rendais à l'école, cramponné à l'avant de l'engin, ma sœur assurant le pilotage et l'énergie motrice d'un pied droit assuré. J'étais fasciné par cet ustensile qui me menait au but en naviguant au ras du sol. La mode est revenue, on voit réapparaitre des « kickboards » dans les rues de nos villes, le long des digues de nos côtes.

Henry Landroit

Mais pourquoi des « kickboards » ? Certes, l'engin tient à la fois de la trottinette, du « skateboard » et du « roller », avec ses petites roues, mais c'est essentiellement une trottinette!

Certes, elle ne pèse que dix kilos et est repliable (et cela c'est relativement nouveau par rapport à sa vieille cousine) mais n'est-ce pas à nouveau l'habitude de baptiser les soi-disant nouveautés par des termes anglo-saxons qui a primé? Autrement dit, tout ce qui est nouveau est-il nécessairement américain ou anglais? Cette propension à nommer les nouveautés autrement que par des termes français (ou francisés) affecte de nombreux domaines de l'activité langagière, la mode évidemment, avec ses multiples inventions de mots nouveaux désignant des réalités nouvelles ou revisitées mais aussi les sciences et les technologies nouvelles qui ont besoin de plus en plus de termes inventés pour nommer leurs découvertes.

Toute langue a des ressources suffisantes pour créer un lexique inédit. Le français aussi. Il n'y a donc aucune raison pour utiliser kickboard au lieu de trottinette.


INDEX

Liens de bas de page