Au bout de la langue...
Venus vainqueur
" Anvers s'est offert en Venus une vainqueur de diamants ". Ainsi titrait un de nos quotidiens au lendemain de la défaite de Justine Henin face à Venus Williams, lors du tournoi de tennis disputé la veille à Anvers.
Henry Landroit
Vainqueur? Même pour une femme ?
Eh bien oui, pourquoi pas ?
Vainqueur, comme verdeur, lourdeur, moiteur et plus de quatre-vingts autres noms supporte très bien le féminin.
Mais au fait, direz-vous, pourquoi d'autres mots en -queur font-ils facilement leur féminin en -queuse, comme piqueur-piqueuse, truqueur-truqueuse ou croqueur-croqueuse ?
Tout simplement parce ces derniers sont des dérivés de verbes en -er (piquer, truquer, croquer). Ils font leur féminin en -euse comme tant d'autres (fileuse, coiffeuse et même pétroleuse).
Vainqueur, lui, vient de vaincre, seul verbe de sa catégorie, avec convaincre. Vainqueuse heurte les oreilles des francophones. Même imposé (et par qui ?), il ne " prendrait " pas…
Contentons-nous donc de vainqueur. Et vainqueure, comme diraient nos ami-e-s québécois-e-s? Pourquoi pas? Mais ce n'est pas très utile.
