Échalote et carotte

Venue du latin ascalonia, l'échalote prend un seul « t » (d'où vient-il celui-là ?) alors que notre brave carotte vient du latin carota (avec un seul « t ») et elle en prend deux.
Allez vous y retrouver en orthographe, même en faisant appel à l'étymologie !

Est-ce ce qui a incité, le 19 avril dernier, la famille d'une professeure de français à faire précéder sa nécrologie dans un grand journal bruxellois de la mention: « Attention, échalote ne prend qu'un t » ? On ne peut guère supposer qu'il s'agisse d'humour, vu les circonstances...

Réduire une personnalité à l'orthographe, même une professeure apparemment très attentive au costume des mots, me semble abusif...

Que Dieu (?) me garde d'une épitaphe pareille !

Je crois que je vais prendre des dispositions testamentaires pour que l'on n'écrive point sur ma tombe des phrases du genre: « La seule faute qu'il fit fut d'orgeuil » ou « L'orthographe fut sa tasse de thé ».

La confusion entre -ote et -otte est très courante. Les mots terminés en -ote ou -oter sont majoritaires (trente-neuf exactement hantent les dictionnaires dont asticoter, clapoter, compote, ergoter, gargote, sangloter, vivoter). Il sont trois fois plus nombreux que ceux en -otte ou -otter (biscotte, cagnotte, calotte, carotte, garrotter, gavotte, gélinotte, gibelotte, pâlotte, quenotte, quichenotte et vieillotte).

Nous nous payons même le luxe d'avoir trois mots qui peuvent prendre un ou deux « t » : barbote ou barbotte (une variante d'un poisson nommé « loche »), dégoter ou dégotter margoter ou margotter (crier comme une caille).

Il n'en reste pas moins que -ote et -otte est une source d'erreurs fréquente en français... C'est pourquoi l'orthographe nouvelle propose que les verbes en -otter s'écrivent avec une consonne simple, de même que leurs dérivés.

Henry Landroit