Bizarreries orthographiques


Pourquoi écrit-on bonhomme mais bonhomie, souffler mais boursoufler, charrette mais chariot, combattre mais combatif, imbécile mais imbécillité, nommer mais innomé, siffler mais persifler, homme mais prud'homie, battre mais embatre, hutte mais cahute, sottise mais sotie, délai mais relais ?

Serait-ce pour permettre aux amateurs de concours d'orthographe de s'en donner à cœur joie ? Ou pour donner l'occasion à certains de briller par leur érudition dans les salons où l'on cause (bien) ?

La plupart du temps, ces mots supportent le poids d'une histoire grotesque qui ne justifie pas leur orthographe (une erreur de copie dans un manuscrit du XIVe siècle, une méconnaissance de l'étymologie qui a engendré une orthographe fautive, etc.). Transmises de dictionnaire en dictionnaire, ces « erreurs » ont fini par devenir « officielles ».

Déjà en 1975, ces cas faisaient l'objet d'un arrêté de rectification. Ils ont été repris dans les rectifications orthographiques du Conseil supérieur de la langue française (France) en 1990.

En Communauté française de Belgique aussi, ces rectifications ont été approuvées par le Conseil supérieur de la langue française.

Les mots concernés peuvent s'écrire de deux manières. Bonhommie, boursouffler, cahutte, charriot, combattif, embattre, imbécilité, innommé, persiffler, prudhommie, relai, sottie sont donc correctement orthographiés.

En Belgique francophone, une circulaire de la Ministre de l'éducation datée du 20 aout 1998 et une autre du Ministre de l'enseignement datée du 30 mars 1998 précisent : « ...il n'est certainement pas recommandé d'imposer une, et une seule orthographe. Chacun a le droit d'utiliser les différentes graphies. Il s'ensuit que durant une période de durée indéterminée, les deux orthographes auront à coexister et seront acceptées. »




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