Féminisation


« Madame la juge », « Madame la procureur », « Madame la ministre » ont profité des récentes affaires pour s'étaler dans la presse parlée et écrite. Certains de ces substantifs (procureur, substitut) ont beaucoup de mal à imposer leur féminin (une substitute ou une substitut ? une procureur ou une procureure ?). Ils ne sont pas terminés par « e » comme juge, architecte, comptable, secrétaire, ministre, pianiste. Ceux-ci se féminisent sans trop de problème parce que ce sont des mots épicènes (c'est-à-dire, dans ce cas, terminés par « e » au masculin comme au féminin). 95 % des noms de métiers se laissent féminiser sans difficulté. Quelques-uns renâclent. La famille des mots en -eur pose problème : acheteur donne
acheteuse ; producteur donne productrice mais procureur ou ingénieur sont rétifs.

En 1998, les Bruxellois se sont aperçus qu'ils avaient une gouverneure. C'est ainsi en effet que la titulaire du titre se faisait appeler.

Elle imitait en cela l'usage de nos amis québécois qui parlent volontiers de professeure et auteure. En ajoutant ainsi un « e » à des mots en -eur, ils veulent marquer clairement le féminin.

Est-ce bien nécessaire ? Une petite centaine de mots en -eur sont déjà féminins comme l'ardeur, la douceur, la froideur, la minceur, la saveur, la vigueur, etc. Notre oreille peut donc s'habituer à la professeur, une auteur, la gouverneur, termes (et métiers !) anciennement réservés aux hommes.

C'est pour cette raison qu'un livret reprenant les règles de féminisation ainsi que la liste des 1500 noms concernés a été édité (voir la bibliographie). Ces règles de féminisation sont obligatoirement d'application dans les lois, les règlements, les circulaires, les directives, la correspondance, les contrats, les manuels d'enseignement de la Communauté française.

Un décret a été publié le 21 juin 1993 à ce propos.



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