Le suffixe -ing


Le suffixe -ing, emprunté à l'anglais, est très ancien dans la langue française : meeting a été introduit par Voltaire en 1764 mais il était prononcé « mitine ». Vers 1900, on disait
le « metinge ».

Après la guerre de 1914-1918, nos salles de séjour devinrent des living-rooms et après la dernière guerre, nous les avons appelées livings. Un peu plus tard, nous nous sommes mis au jogging après avoir laissé notre voiture au parking.

Mais depuis une vingtaine d'années, la langue française se plait à inventer des mots en -ing qu'un lord-maire ne reconnaitrait pas : footing, caravaning et zapping ne figurent pas dans les dictionnaires anglais, du moins dans le sens que nous leur donnons.

Le suffixe -ing s'est donc bien implanté dans la langue et sert à créer de nouveaux mots. Ils ne sont pas loin de deux-cents. Au point que le suffixe -ing pourrait bien être devenu un suffixe français à part entière.

On peut toutefois s'interroger sur l'utilité d'introduire certains mots en -ing dans la langue. Faut-il par exemple appeler parenting l'action de surveillance des mineurs dans les rues d'Anderlecht (pourquoi pas parentage ou chaperonnage ?) et self-scanning le nouveau système mis en place récemment dans quelques grandes surfaces, où les clients jouent à la caissière (pourquoi pas autocaisse, scanneur, scannette ?) ? Dopage a bien échappé à doping. Et aquaplanage est de plus en plus souvent utilisé à la place de aquaplaning.



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